Mont garni Golf Club, Rue du Longfaulx
7332 Saint-Ghislain
Avenue de l'Enseignement 16 (piscine)
7330 Saint-Ghislain
Hé toi ! Oui, toi le promeneur ! Veux-tu connaître mon histoire ? L’histoire de ma renaissance ?
Après une longue vie au milieu de mes semblables, moi, l’hêtre majestueux, je pensais finir en bois de chauffage, mais un tout autre destin m’attendait… Sous les mains habiles d’un jeune sculpteur, me voici devenu le témoin d’événements qu’ont connus ce bois et ses environs.
Je t’invite à découvrir les différents symboles qui ornent mon vieux tronc.
Mais d’abord, quelques faits historiques.
Sais-tu que le bois où tu te promènes a été le théâtre de plusieurs activités militaires ? Dès le XVIIᵉ siècle, lors du siège de Mons par les troupes de Louis XIV, ce bois a été incendié par les défenseurs de la ville. Il en a tiré son nom de “Bois Brûlé”. On raconte aussi qu’un obus serait tombé sur ces lieux lors de la Première Guerre mondiale.
Es-tu passé par le “trou de la bombe” ?
Maintenant, approche-toi et observe…
Qui est donc ce personnage ? Le Roi-Soleil ? Un combattant allemand ? Ou peut-être saint Georges affrontant le dragon ? Si tu es de la région, pas besoin de te rappeler la légende liée à ce dernier.
Si tu viens de loin, tu dois savoir que les Montois fêtent chaque année la victoire de ce chevalier chrétien contre la bête, dite "Lumeçon", qui sévissait sur la ville et l’a ainsi libérée.
Alors ? As-tu trouvé les symboles de ces événements ?
Si oui, tu peux poursuivre ton chemin et profiter de la nature. Elle est si belle !
Hey toi… oui, toi, le promeneur qui es venu te perdre dans le bois de Baudour…
Sais-tu que je suis le gardien de ce bois ?
Je veille, je médite… mais surtout, j’observe. Je vois tout ce qui se passe dans ma forêt.
La nature, les animaux, les arbres… tous me parlent.
Chaque craquement de branche me raconte une histoire.
Chaque bruissement de feuille me souffle un secret.
Et lorsque le vent se lève, ce sont les anciens qui murmurent à travers les cimes.
Je suis ici depuis si longtemps que j’ai vu les saisons se succéder, les arbres grandir, les oiseaux construire leurs nids et les petits animaux apprendre à se méfier du monde.
J’ai vu des promeneurs pressés, le nez plongé dans leur téléphone, traverser le bois sans même lever les yeux.
J’en ai vu d’autres s’arrêter, écouter, respirer… et sentir quelque chose d’étrange les envahir.
La paix, peut-être ?
Ou cette petite sensation qu’ils ne sont pas tout à fait seuls…
Car ici, dans mon bois, rien n’est vraiment silencieux. Il suffit de prendre le temps d’écouter.
Regarde autour de toi.
Cette vieille souche n’est pas qu’un morceau de bois mort. Elle abrite toute une vie.
Ce tapis de feuilles n’est pas qu’un décor d’automne. Il nourrit la terre qui fera naître les forêts de demain.
Et ce petit écureuil qui vient de filer entre les arbres ? Oh, lui… il en sait des choses ! Mais ne compte pas sur lui pour te les révéler. Il est bien trop occupé à cacher ses trésors.
Alors, promeneur, j’ai une question pour toi…
Es-tu simplement venu marcher dans le bois de Baudour ?
Ou es-tu prêt à ouvrir les yeux, tendre l’oreille et découvrir ce que cette forêt tente de te raconter ?
Prends ton temps, voyageur.
Respire profondément.
Et surtout… respecte ce lieu, car tu es ici chez moi.
Je suis le Sage du bois de Baudour.
Et qui sait… peut-être nous reverrons-nous au détour d’un sentier.
Mais chut… la forêt vient de me confier un nouveau secret.
Il y a bien longtemps, alors que le roi Dagobert chassait dans nos forêts, je fuyais ses chasseurs.
Blessée et traquée, je trouvai refuge auprès d’un homme de paix : saint Ghislain.
Plutôt que de me craindre, il m’accueillit.
Notre rencontre donna naissance à une légende qui traverse les siècles et qui vit encore dans le nom de cette ville.
Aujourd’hui, me voici de retour, sculptée dans la matière, pour veiller sur Saint-Ghislain.
Je ne suis plus l’ourse des forêts, mais celle de votre mémoire.
Je suis le symbole d’une rencontre entre l’homme et la nature, entre la force et la douceur, entre le passé et l’avenir.
Ouvrez les yeux : les légendes ne disparaissent jamais. Elles prennent simplement une nouvelle forme.
Et aujourd’hui, cette forme ... c’est moi.